Récit de transat. Marie Galante (Antilles) - Flores ( Açores), 2087 milles route directe, 2693 milles parcourus.
Départ le 16 Mai, arrivée le 13 Juin soit 28 jours de mer.
100 Heures de moteur soit toute notre capacité!!!!
Une seule dorade coryphène.
Dès notre départ ce n’est pas top, il pleut, nous sommes au louvoyage. On arrive tout juste à faire du 0 pour du 30 degré! Ça commence bien. On rencontre deux tortues en plein accouplement!!! Y’en a pour qui, les conditions météo ne sont pas vraiment importantes. Dernier morceau de terre en vue, la Désirade.
De nombreuses algues flottent à la surface, ce sont des sargasses. Elles nous empêchent de pêcher, s’accrochant à notre leurre. C’est tout de même avec plaisir que nous accueilleront une belle coryphène, elle sera l’unique prise de notre voyage.
Les Alizés se font très faibles et dés le quatrième jour de mer c’est la pétole molle avec laquelle nous ferons corps pendant cette traversée. On passe le tropique du cancer et c’est toujours bien calme, on s’installera alors plusieurs nuits à la belle étoile pour des observations astronomiques. Le ciel sans l’ombre d’un nuage est un délice à épier, il constituera ma principale occupation de nuit.
On appelle tous les cargos que l’on croise pour connaitre leurs informations météo, espérant toujours que les nôtres soient biaisées, mais non, elles sont même très précises. Tous les jours nous prenons les cartes par fax BLU mais celles ci ne nous présagent que du temps calme.
L’anticyclone est comme aimanté par Thélonious, nous sommes au centre de la bulle. Alors on regarde passer ces portes conteneurs et pétroliers qui nous disent venir de Philadelphie ou du Nigeria et on se prend à rêver sur ces diverses destinations…
ll y a beaucoup de méduses à voile, au bout de deux jours de veille, avec mon seau et mon épuisette, c’est la capture du spécimen pour observation.
Nous resterons avec un vent faible une dizaine de jours nous portant au 340°. Autant dire que ce n’était pas très réjouissant.
On utilise notre nouveau spinnaker (de 1977), qui au premier envoi se déchire, qu’a cela ne tienne ,on le recoud et dés le lendemain il sera prêt à être renvoyé. Il nous sert bien , on a pris beaucoup de plaisir avec cette voile qui nous a offert de belles glisses.
Une nuit sans vent, alors que nous nous laissons à la dérive ,nous aurons reculés d’une douzaine de milles sur notre route. GLOUPS. Nous rencontrons un courant contraire variant de 0,3 à 2 nds sur tout le parcours!!!
Le lendemain nous apercevons un cargo en plein sur notre arrière. Appel VHF, nous lui demandons s’il est possible de nous dépanner en Gazole. Le capitaine nous donne une réponse négative, justifiant que la manoeuvre prendrait trop de temps pour lui. Nous lui demandons s’il est possible de jeter des bidons par dessus bord. Un temps de reflexion sans réponse puis c’est parti. Il nous rappelle nous demande de garder le meme cap et la même vitesse. Il change de route brutalement s’approche de nous à une dizaine de noeuds. Ouah, c’est impressionnant sachant qu’on passe notre temps à s’eloigner de ces gros cul! A l’arrière on apercoit des membres de l’équipage au bastinguage avec les bidons et des gros ballons pour la flotabilité. Le cargo nous passe par le travers dans une belle manoeuvre, largue le packtage avec un fumigène. On se fait balloter par les remous du navire puis on part à la pêche au bidon. 75 litres de fioul lourd! Pas trop adapté pour nos ptit moteur mais c’est mieu que rien. Nous en utiliserons finalement à peine 20 litres, le reste passera dans les cuves de Rara avis à Flores.
Vers le 15ème jour ,vient le temps où tout de même nous arrivons à la latitude de 37°N et le baromètre chute. Enfin une petite dépression montre le bout de son nez puis on avance dans la bonne direction, à une bonne allure. On croise des dauphins,communs et grands, des baleines, dont un cachalot qui ressort juste à 10 mètres de nous. « C’est quand même gros cet animal » lance notre capitaine. Plus loin, on en voit sauter à la verticale, saison des Z’amours oblige.
On voit des globicéphales, des tortues et du plancton du plancton, du plancton…
Après la dépression on garde une mer chaotique, croisée, désordonnée plusieurs jours. Suite à ça et jusqu’à l’arrivée, on arrive à toucher une petite brise de NW qui nous permet d’avancer confortablement à bonne allure.
On arrive à Flores en pleine nuit le 13 juin, à une heure du matin bien heureux, un peu dans les nuages. On se met à couple de « RARA AVIS ». L’accueil n’a pas de commune mesure avec les Antilles, les tarifs n’ont plus.
L’équipage et le bateau sont heureux de vous annoncer un heureux événement qu’est notre arrivée sur ces îles aux mille fleurs…