Visite de Toussaint en kayak

novembre 3, 2008 1 Commentaire

Alors que j’ai passé mes premières années de kayak à naviguer seul le plus souvent, il y a bien longtemps que je n’avais eu ce plaisir contemplatif de me retrouver en seule compagnie de mon kayak pour une petite navigation.

Faute de la proximité de mes tombes familiales, je voulais profiter de ce jour de Toussaint pour aller retrouver une vieille connaissance bordelaise qui avait connu des jours meilleurs lorsqu’elle coulait une retraite tranquille sur des quais ensoleillés. La ville voulant retrouver l’usage de son fleuve, cette vieillerie s’est faite priée d’aller se faire voir ailleurs et c’est au cimetière marin de Landevennec que je lui ai rendu une visite de courtoisie.
Le temps nuageux ne semblait pas se prêter à mes projets photographiques mais ces nuages épais ont préféré garder leur eau pour eux, me laissant musarder au milieu des vieilles coques.

Landevennec vue du Port de Troaon

Le samedi matinal m’a trouvé sur le petit port de Troaon à deux pas sous l’Hôpital-Camfrout. Marée descendante et coefficient m’ont obligé à lutter contre le courant pour rejoindre Landevennec et sa longue langue découvrante qui a bien failli m’obliger à marcher dans la vase collante pour rejoindre une eau plus libre.
A ce moment une bouée remuante attire mon regard, c’est un phoque avec un poisson dans la gueule qui assure sa prise avant de replonger. Je sors l’appareil photo de son sac étanche ( pour l’occasion, j’ai remisé mon compact étanche pour lui préférer un numérique Nikon plus âgé et qui n’aime pas l’eau mais donne des images de meilleures qualité) et le temps de l’allumer, de zoomer au maximum et d’attendre que l’Å“il électronique fasse le point, mon phoque a disparu. Je décide d’attendre qu’il réapparaisse, les forces du vent et du courant luttant l’une contre l’autre pour me faire dériver, mais qui au final, me laissent sur place.
Peine perdue car malgré mon œil aux aguets, ce phoque ne me remontrera pas le bout de ses moustaches.

Cimetière marin de Landevennec - Le Colbert

Je continue en rasant la côte au plus près pour éviter le courant contraire quand j’aperçois la masse imposante de mon vieil ami le Colbert entouré de ses compagnons d’infortune. Le vent n’est plus perceptible et le calme des lieux convient bien à son statut de cimetière maritime.

passage étroitJe tourne autour sous le prétexte de chercher un bon point du vue. Je glisse mon fin kayak entre ces mastodontes, une violente émotion au cœur au moment du passage le plus étroit. Je me hale avec les mains refroidies par le contact de ces vielles peaux écailleuses.
Je pensais continuer jusqu’au pont de Térenez mais je suis bien ici et je préfère rejoindre les roches du rivage, recouvertes d’un épais matelas d’algues qui accueille ma coque en douceur.

Au retour, sorti de l’abri du cimetière, un vent soutenu m’oblige à courber l’échine et à adopter un pagayage tempête. Mon phoque n’est toujours pas décidé à se laisser photographier et je finis la sortie par un long charriotage au milieux des pécheurs à pieds munis de bêches à la recherche de gravettes.

Kayak de mer, Mes sorties
Un Commentaire pour “Visite de Toussaint en kayak”
  1. ollivier rico dit :

    j’ai passé les WE et les vaccances de mon enfance à Traon
    mon pére y avait un canot
    en ces temps reculés, il y avait poissons en quantité
    c’était aussi le port d’attache de notre Dame de Rumengol
    sablier aujourd’hui restauré et classé , sur lequel des croisiéres sont possibles

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