Randonnée en kayak de mer : Tinduff – Terenez

juillet 15, 2009 12 Commentaires

Voilà un nouveau petit topo de randonnée en kayak de de mer. Cette fois, c’est en rade de Brest et c’est l’occasion de tester plus longuement mon nouveau kayak, le Greenland de Tahé Marine.
Comme mon GPS est de la partie, vous pouvez suivre ma trace sur la carte ci-dessous.


Afficher Sortie Tinduf – Terenez sur une carte plus grande

Après une sortie en mer d’Iroise la semaine dernière, me voilà en fond de rade de Brest.
Lors de ma précédente randonnée la marée était basse en milieu de matinée et le courant était portant pour une destination à l’ouest. Ce 14 juillet, la marée est inversée et elle est haute à 11h, ce qui incite à remonter à la rencontre de l’étale de pleine mer. Lorsque que la marée redescend, il suffit de redescendre avec elle !
Le programme est donc de remonter l’Aulne Maritime jusqu’au pont de Terenez, j’espère être à l’abri du coup de vent de Sud Ouest prévu.

Départ donc du petit port du Tinduff en presqu’ile de Plougastel, c’est un petit port mignon tout plein avec ses vieux gréements et son bar avec terrasse.
J’ai réussi à me lever encore plus tôt que la semaine dernière et c’est à 6h20 dans une lumière bleuissante que je donne mes premiers coups de pagaie.
Je commence par un tour de la baie de Daoulas, ce qui n’est pas la meilleure idée que j’ai eu puisqu’après un premier bord facile, il me faudra remonter contre le vent et le courant jusqu’à l’ile du Bindy. Voilà qui m’apprendra à prendre des surfs faciles avec le vent dans le dos !
Passé l’ile, je traverse l’embouchure de l’Aulne pour aller voir le sillon des anglais. C’est une digue naturelle de galets qui longe la côte en bordure de la forêt de Landevennec. Sitôt rentré à l’abri du sillon, l’ambiance change. Calme plat et chants d’oiseaux, je peux observer une aigrette, un héron et même deux-martins pécheurs.

J’hésite à suivre mon programme initial, je suis bien tenté par la remontée vers l’Hopital Camfrout, l’embouchure de la rivière n’est pas loin. Mais bon, j’ai réussi à me lever tôt alors autant bouffer du mille et L’Aulne c’est bien aussi.
Je rejoins donc Landevennec que je contourne puis j’arrive au cimetière aux bateaux. Ils n’ont pas bougé depuis ma dernière visite, je continue en contournant l’ile de Terenez. Le chantier du nouveau pont se découvre au fur et à mesure. Je profite de mon point de vue rapproché pour admirer les travaux puis c’est la pause.
Après mes trois heures de rang dans le Greenland, je suis heureux de me redresser. Je n’aurais pas tenu beaucoup plus mais trois heures c’est déjà pas mal.
Je repars avec la renverse (moment ou le courant de marée change de direction) boosté par mon petit arrêt. Le Greenland donne une bonne sensation de glisse et de rapidité. Le GPS m’indique 5 nds (Un noeud = 1,852 km/h ) sans trop forcer mais avec un peu de courant portant.

Ile de Terenez

Landevennec puis à nouveau le sillon des anglais derrière lequel quelques points colorés disparaissent. Des kayakistes? je force un peu pour en avoir le cÅ“ur net. C’est en effet un groupe qui réalise le tour du Finistère organisé par Nautisme en Finistère. Le parcours de la semaine doit les amener à Portsal, il sont emmené par mon ami David, permanent du CKB.
Nous faisons parcours commun le long de la presqu’ile de Crozon pendant quelques temps. Ils vont piqueniquer à Lanvéoc et moi je cherche à avoir un meilleur angle par rapport au vent pour traverser en direction du Tinduff.
Nos routes se séparent et je trace la mienne, cap au 320.

Port du Tinduff

J’ai le vent, estimé à 4B (20 à 28 km/h) et les vagues qui viennent de mon coté droit. Comme le fetch (zone d’eau sur laquelle souffle le vent, plus il est important, plus les vagues sont formées) est plus grand qu’ailleurs en rade, les vagues commencent à bien se former. Rien de bien méchant, 40 à 60 cm mais elles sont très rapprochés donc très abruptes. Arrivé en baie de Daoulas, il n’y a pas beaucoup de fond donc le phénomène s’accentue.
Je suis obligé d’avoir une conduite de mon kayak très attentive. Ma stabilité latérale est mise à rude épreuve mais c’est aussi un plaisir de jouer dans ces vagues. Certaines m’entrainent dans des surfs mais elles sont tellement rapprochées que la pointe avant de mon kayak se plante dans la précédente alors que la pointe arrière est recouverte par la suivante. La stabilité longitudinale est elle aussi mise à rude épreuve ! C’est une expérience amusante et très instructive même si je suis forcé à un esquimautage qui n’est pas pour cette fois de l’entrainement. Il faut bien que ça serve l’entrainement non ? ;-)
Je me rend à nouveau compte que le Greenland esquimaute très facilement même en situation d’urgence, c’est un complément sécuritaire indéniable à son manque relatif de stabilité primaire.

En vue de la jetée du port du Tinduff, les vagues sont encore plus creuse et atteignent parfois le petit mètre avec les crêtes qui déferlent. Comme il y a des spectateurs, je tache de paraitre à l’aise alors que le vent semble encore forcir.

Le kayak étant léger comme une plume, je le met sur le toit sans devoir demander à quelqu’un de m’aider et c’est avec joie que je répond aux promeneurs, tout étonnés qu’il soit possible d’aller et de revenir du pont de Térenez en une matinée et par ce temps.

Mes sorties
12 Commentaires pour “Randonnée en kayak de mer : Tinduff – Terenez”
  1. Léo dit :

    Bravo ! La prochaine fois je viens avec toi. ;c)

  2. ccante dit :

    Salut,

    Sympa comme récit.

    Par contre vers la fin tu dis que le kayak manque de stabilité primaire, je croyais que c’était l’inverse (ou alors je n’ai rien compris)

    A+

    Christophe

  3. Oli dit :

    Merci pour vos commentaires !
    Le Greenland faisant 50 cm de large, il a une stabilité primaire forcément moindre qu’un Belouga qui en fait 14 de plus.
    Mais pour sa taille, elle n’est pas mauvaise quand même et la stabilité secondaire, utile pour ces vagues de coté très pentues est très bonne aussi.

  4. guillaume29 dit :

    Super récit !

    J’ai bien envie d’aller jeter un Å“il par là bas le weekend prochain. Mais je suis étonné de voir qu’il peut y avoir une petite houle dans ce coin là. En y réfléchissant, c’est tout à fait normal au vu de la taille de la rade (prise au vent) et l’influence de la mer.

  5. ERIc dit :

    à l’ouest entre le Bendy et le tinduff par vent fort de sud, ça creuse dur et trés court

    de plus la dépression au niveau de l’école de Lanvéoc génére un super effet venturie

    j’y ai fait du windsurf l’apréme ,il y a eu des raffales à 35;40 noeuds qui permettaient des runs de kergarvan au sillon des anlais à 27 noeuds de moyenne.

    mais le champ de bosses est trés dur à négocier, trés rude pour le squelette à ces vitesses

    belle sortie Oli, mais le retour sûrement un peu chaud pour tester un nouveau kayak

    conclusion: la journée appartient aux léve-tôt

  6. Oli dit :

    La journée appartient aux lève-tôt, tout à fait ;-) !
    J’ai bien peur que le groupe du tour du Finistère qui devait faire Lanvéoc -> l’Auberlac’h l’après-midi avec des débutants ai eu un peu de mal …

  7. gruuz dit :

    Ce matin là je suis parti de Molène 10 minutes après ton départ du Tinduff.
    On aurais pu se parler au téléphone mais je l’ignorais. Je n’ai vu que des oiseaux.
    A 8h30 j’avais parcouru les 8 miles pour Porspol. Après mon débarquement le vent a continué accélérer. il était prévu des rafales de force 7 Beaufort.

  8. Eric Bourdet dit :

    Salut,

    Ce topo donne envie. Je suis débutant. Tout commence bien, mais la fin semble agitée. Croyez-vous que sur un Océan quatro (RTM), elle aurait été possible ? A la lecture du topo, je pense que l’on doit engrager un max d’eau dans un « kayak » SOT dans la zone de fetch et que ce n’est pas un coin pour un gros autobus comme l’océan quatro ?

  9. Oli dit :

    Bonjour Eric,
    Tu aurais eu beaucoup de mal à propulser et diriger un océan Quatro dans les conditions que j’ai eu car il n’est pas fait pour ça. Même si ma ballade en rade peut sembler tranquille, la rade de Brest est assez étendue et la mer peut y lever.
    Il vaut mieux réserver ton kayak à des promenades le long du bord avec une météo estivale.

  10. Eric Bourdet dit :

    Merci de ton avis qui confirme mes premières impressions de navigation. Ce kayak est pourtant homologué division 240, est-ce un leurre commercial, faut-il sortir loin avec que par mer d’huile et faibles coefs de marée ?

  11. Oli dit :

    Eric, la réponse a ta question n’est pas simple.
    Celon la réglementation, un kayak de plus de 4m de long et 45 cm de large est homologable en catégorie D avec le matériel de sécurité obligatoire. Est-ce pour ça que le pagayeur est forcément capable d’aller à 12km d’un abri par tout type de temps? Bien sur que non.
    Le kayak a théoriquement cette possibilité, mais je dis bien théoriquement car un océan quatro qui est assez peu rapide et assez peu maniable par conditions difficiles pourra peut-être s’éloigner de la cote si le pagayeur en a la compétence, et là c’est autre chose.
    Quand je parle de compétence, il ne s’agit pas seulement de force dans les biscotaux pour manier la pagaie mais aussi d’expérience, de connaissance du milieu marin (prévoir le temps et les courants, savoir lire le plan d’eau …), des procédures de sécurité , tout ça permet de savoir quelle décision prendre si les conditions météo ne sont pas conforme à la prévision alors qu’on est au large, avoir la technique et la connaissance de la zone nécessaire pour revenir quand même sans se mettre en danger…

  12. Eric dit :

    Merci de ta réponse,

    Prudence, et expérience avant tout.

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