Rando kayak dans les anglos normandes

juin 14, 2010 4 Commentaires

Départ de Chausey en kayak de merVoilà une semaine que je suis revenu de ma randonnée dans les Iles Anglo-Normandes. Départ de Carteret dans le Cotentin puis les Ecrehous, Jersey avec stop de trois jours pour le Symposium de kayak de mer du Jersey Canoë Club puis nouveau départ vers l’archipel des Minquiers, les iles Chausez et une arrivée à Grandville.
Pour une fois la météo nous permis de respecter à la lettre le planning initial, elle a seulement montré ses dents pendant notre arrêt à Jersey mais elle nous a ensuite gratifié d’un soleil magnifique et d’un vent maniable.
Partis à quatre, Philippe nous a quitté comme prévu à Jersey pour un retour à Carteret de manière à être à temps au défi des courreaux.
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Carteret – Jersey
Au vu nos cinq heures de route de pauvres finistériens, mieux valait arriver la veille, ce qui nous a permis de vérifier que les hauteurs d’eau nous permettraient de partir le lendemain matin de la cale du port de plaisance de Carteret.
Olivier avait préparé la navigation de tout le parcours, pour ma part j’avais étudié le premier jours et établi un plan de route comme Didier Plouhinec l’explique fort bien sur son blog.
Le coefficient de marée (86) donnant des courants assez importants en travers de la route, nos caps et nos temps de navigation devaient être réglés comme du papier à musique. Le départ est prévu à 11h30 face au brise lame, ça donne une bonne demi-heure à Olivier et Philippe pour des essais de voile et à moi pour des photos avec un soleil magnifique.
Le trajet jusque Carteret se passe bien, spécialement pour Olivier et Philippe bien aidés par leur voile. Guillaume et moi nous moquons de leur fainéantise pour masquer notre jalousie.

Les EcrehousNous arrivons aux Ecrehous suivi par Olivier qui a voulu pêcher sur la fin.
Je découvre un endroit merveilleux, une esthétique maritime que je ne connaissais pas bien qu’ayant un peu bourlingué dans les anglo-normandes en voilier.
Le roc, le sable, l’eau bleue et les maisons posées ça et là nous enchantent. Le temps de se restaurer, de faire trois photos et nous voilà en retard sur notre plan de route. Là où la pause devait durer 10 mn, elle a dépassé l’heure et nous allons le payer cher.

Nous attaquons la deuxième partie du parcours, la plus courte en voyant notre destination: le Breakwater de St Catherine. Le cap n’est pas direct loin de là car nous avons plus de 30° de correction courant et ce ne sera pas suffisant !
Le jus est dur, nous aurons l’occasion de le vérifier pendant une pause en dérapant d’un quart de mille en 5mn !
La fin du trajet est difficile, surtout quand nous voyons que nous n’atteindrons par le Breakwater en direct. Olivier, Guillaume et moi réussissons à finir sans trop forcer en se disant qu’on remontera près de la côte où le courant est moins fort. Philippe persiste à vouloir atteindre le Breakwater directement, il fait une correction courant trop importante et se retrouve scotché. Il finira après nous et bien fatigué.

Symposium du Jersey Canoë ClubLe Jersey Canoë Club accueille nos kayaks et Bill nous conduit en voiture avec notre barda jusqu’au camping de l’auberge de Jeunesse, à côté de Gorey où se retrouvent tous les participants du symposium.
Je consacrerai un prochain article à ce symposium.

Jersey – Minquiers
Nous ne sommes que d’humbles kayakistes randonneurs et pas des surhommes, le repas d’adieu du lundi soir ne nous a pas paru compatible avec un départ le lendemain à 5 heures du matin. Nous avons du faire un choix et … nous sommes parti le lendemain soir.

Départ de Saint HellierPas grave, nous avions dans le programme un jour de pêche/ballade dans l’archipel des Minquiers, nous le traverserons donc le matin en arrivant !
Mardi soir, nous partons quand même de Sainte Catherine pour aller bivouaquer dans la baie de Saint Hellier, de manière à être bien placés pour la traversée du lendemain. Ca tombait bien, il a fait moche toute la journée avec une visibilité le matin de moins d’un mille pas trop compatible avec une traversée hauturière.
L’arrivée au crépuscule et un montage de tente à la frontale nous prépare à une toute petite nuit pour profiter d’un courant portant.

La traversée est rapide et nous n’apercevons qu’assez tard les cailloux emmergés. Cet archipel est la terreur des navigateurs et je me souviens d’avoir observé à la jumelle du pont d’un voilier les gerbes d’écumes projetées par ces rocs acérées.
Rien de tel aujourd’hui, la mer est belle et nous rentrons dans l’archipel au sein duquel nous avons la surprise de trouver un contre-courant. Je pensais ne plus avoir à donner un coup de pagaie pour les quatre derniers miles, et bien, c’est raté. Olivier pêche pendant que nous abordons un peu acrobatiquement la cale de la maitresse ile. Pas de bol, nous arrivons au seul moment de la marée où ça déferle sur la cale …

Les maisons des MinquiersNous débarquons au pays de la houle. Nous avons l’impression d’être sur un rocher en pleine mer sur lequel les quelques maisons paraissent anachroniques. Ici point de vérandas ni de plage de sable comme aux Ecrehous, les maisons sont tassées les unes contre les autres comme pour se rassurer. Nous sommes ici au pays des Goélands, je ne me sens que toléré. Les Goélands marins se chargent de nous le rappeler dès que nous faisons un pas dans l’ile, c’est vrai que nous sommes en pleine période de nidification et nous prêtons la plus grande attention aux nombreux nids présents.

L’après-midi farniente est entrecoupée d’une baignade dans une eau limpide mais … fraiche on va dire.
Avec Guillaume nous préparons la navigation du lendemain, pour ça j’ai emmené les horaires de marée, le livre des courants de la zone, une mini règle de cras, un compas à pointe sèche, des impressions de cartes de la zone et bien sûr du papier, un crayon et une gomme. Le coefficient de marée et donc la force des courants descend et en plus nous les aurons plus dans le derrière que sur le côté (ou plus portants que par le travers si vous aimez les choses bien dites), le schéma avec plan de route et changement de cap toutes les heures n’est donc plus obligatoire. Par contre le respect des horaires l’est même si on doit partir tôt, enfin de moins en moins tôt vu que la pleine mer se décale d’un peu moins d’une heure tous les jours.

Minquiers – Chausey
Le départ est prévu à 8h et nous sommes en avance! C’est vrai que nous n’avons monté qu’une tente que nous commençons à êtres rodés.
Le vent est prévu force 2 Beaufort de secteur sud variable, autant dire pétole. Le soleil est vite chaud mais nous sommes bien à l’abri derrière notre crème solaire, notre chapeau et nos lunettes de sport et de soleil. Nous allons bon train à plus de quatre nÅ“uds établis. C’est vrai qu’un petit groupe de pagayeurs en forme favorise les bonnes moyennes malgré des kayaks lourdement chargés, en plus nous avons un courant portant.

Nous arrivons vite aux premiers cailloux de l’archipel alors qu’Olivier a déjà mis en pêche, il ne faut pourtant pas trop trainer si nous voulons arriver au point de bivouac avant que le courant ne s’inverse. Nous avons d’ailleurs la surprise de voir un courant contraire assez fort par endroits, comme au sein de l’archipel des Minquiers. Heureusement nous pourrons l’éviter.
Comme nous arrivons encore une fois assez tôt, nous débarquons ravis d’avoir l’après-midi devant nous, le soleil est là, nous sommes les rois du monde.

Chausey est plus civilisée, la Grande Ile supporte même un village avec des commerces. Comme les autres groupes de petites iles, Chausey change complètement de visage en fonction de l’heure de marée. Des semi-rigides et des voiliers sont à l’escale sur les nombreuses plages de l’archipel. Un petit groupe sympathique de Normands nous accueille en nous offrant de la salade de Riz et une saucisse grillée.

Soleil couché sur ChauseyNotre dure activité de l’après-midi commence, d’abord sieste puis baignade et promenade puis promenade et baignade agrémentée de photos, pêche pour Olivier bien entendu, que c’est difficile le kayak de mer !

Chausey – Granville
L’heure de départ à 9h est de plus en plus correcte, dommage que ce soit le dernier jour. Passé les dernières iles de l’archipel, nous croisons les nombreux visiteurs à la journée qui arrivent au moteur. Pas de vent et un tout petit courant portant nous amène en deux heures devant Grandville, il faudra une heure et demi de plus pour arriver à la cale du casino de Julouville où Guillaume a sa voiture. Pour finir, nous longeons la plage avec déjà du monde au balcon en ce début de journée radieuse.

Conclusion
Vous avez pu voir que cette semaine a été magnifique à tous les niveaux, une de ces randos qui coupent notre quotidien de la plus belle des manières, des paysages splendides, une ambiance très amicale, c’est un large extrait de ce que le kayak de mer peut nous offrir de mieux.
Le seul problème c’est le lundi matin suivant qu’il se pose …

Ça vous le fait aussi le mauvais syndrome du lundi matin de retour de rando?

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4 Commentaires pour “Rando kayak dans les anglos normandes”
  1. Henri dit :

    Hello,

    alors là je suis scotché ! je ne pensais pas que ça se faisait en kayak, les traversées sont longues et les courants forts.

    Combien de temps pour la traversée Jersey -> Plateau des Minquiers?

    Est ce qu’une longue traversée comme celle ci n’est pas trop monotone?

    Henri

  2. Oli dit :

    Bonjour Henri,
    Si ça se fait en kayak et même assez facilement avec des kayaks de randonnée, un peu d’expérience, une bonne connaissances des enjeux liés au milieu marin, une préparation rigoureuse …
    Ce genre de rando est assez courant pour beaucoup de kayakistes habitués à faire de la randonnée. Et ce ne sont ni des athlètes ni des risque-tout. En France la réglementation nous autorise à aller jusqu’à 6(12kmenviron)milles d’un abri, ce qui veut dire que nous pouvons faire des traversées de 24 km max.
    Non ce n’est pas monotone, la mer est vivante et nous avons de l’occupation ! Quand au courants, il faut en profiter et non les subir ! Pour les Minquiers nous avons mis entre 3 et 4 heures

  3. gruuz dit :

    A l’arrivée à Sainte Catherine le 27 mai j’avais envie de revendre mon kayak et de trouver un ferry pour rentrer sans pagayer tant j’ai eu mal. J’ai même fait rapatrier mon kayak au camping pour être prêt à le charger sur le ferry.
    Durant le Symposium je n’ai fait que des photos pour l’organisation.
    Quatre jours plus tard je ne me suis pas donné l’occasion de tester mes bras. J’ai charioté mon kayak jusqu’au Gorey Harbour et en 30 mn je suis revenu à Ste Catherine où se préparait un day trip vers justement les Ecreous.
    A 18 dont les coaches Tomy et Agnes nous avons franchi le break water de Ste Catherine accueillis par un clapot perturbé et perturbant. J’ai compris pourquoi les anglais avait enfilé leur anorak.
    Puis en moins de 2 heures nous avons atterri à l’île Maitresse des Ecréous après de laquelle certains ont joué avec la Tide race. (3 heures à l’aller). Mes trois compagnons français de l’Aller arrivent au même moment aux Minquiers. Durant le picnic je demande à Tom à qu’elle heure repartirait-il à Carteret à ma place. je ne dispose plus de la documentation de Oli.
    Nous décrétons demain à 12h00 avec risque de vent contraire ou à 06h00 avec probabilité de calme.
    Agnès, à qui je rends compte de nos calculs, suggère qu’il faut aussi profiter de la pétole d’aujourd’hui puisque le risque de trouver du vent d’Est est potentiel (vent contraire). Mais alors, il faut partir de suite car l’heure de l’étale approche . Mieux vaut tenir que courir me dis-je; à toute vitesse je remballe mon barda. 5 aimables compagnons me portent le kayak en eau et je quitte un peu précipitamment le « rocher ».
    Durant la première heure je pagaie comme sur un banc d’entrainement en écrasant le cale pied comme suggère Gordon Brown. Puis peu à peu le vent frémit et se renforce durant l’heure et quart supplémentaire pour toucher le Cap Carteret. Ensuite je fais l’erreur de charioter dans le port vide au lieu de le faire sur la plage extérieure plus roulante.
    Je suis satisfait d’avoir passé moins te temps au retour qu’à l’aller grâce entre autre au moindre coefficient de marée. Depuis j’ai participé au « défi des courreaux » ( une seul fois par an c’est frustrant) et circumnavigué l’île de Groix. Puis j’ai fait le tour de Belle île où les conseils de Gordon et du kiné flamand Steven m’ont semble t’il éliminé mes douleurs lors des longs trajets.
    Je me surprends à former des projets de raid

  4. alain H dit :

    Super ça m’a fait envie.
    D’ici qq jours on doit aller aux Ecréhoux puis le tour de Jersey.
    Ya plus qu’à attendre le beau temps.
    Alain H.

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