Du grand spectacle !

septembre 13, 2006 Pas de commentaires

C’etait dimanche jour de grande marée, coéf 113 s’il vous plait.
Ayant réussi à accomplir mes diverses tâches ménagères la veille, j’ai pu me libérer pour faire un coup de kayak en solo, une baille que ça m’était pas arrivé !

Destination toute trouvée, sympa et pas loin: mise à l’eau à Sainte Anne du Portzic pour traverser le goulet de Brest direction la cormorandière. Il coule las bas entre ce petit caillou bien nommé et la pointe des espagnols, une rivière d’eau vive de classe trois, vous ne connaissez pas?

Pour y arriver, il faut déjà traverser le goulet, deux heures après l’étale de haute mer c’est pas du gâteau.
J’ai visé entre l’île ronde et le Clémenceau, ma correction de plus de 50° s’est avérée légèrement insuffisante et j’ai atterri 100m derrière la pointe. Pas grave, la remontée dans le contre-courant m’a permi de me remettre de l’effort.
J’arrive juste derrière la pointe, gardée par un pécheur de bar au lancer.
Le spectacle est impressionnant, le niveau de la mer est supérieur d’environ 70 cm en amont du passage.
Une petite déferlante stationnaire au milieu anime l’ensemble des remous et autres vagues.

Le pécheur est frustré car ses leurres à bavettes sont trop légers pour plonger. Ils se font irrémédiablement entraînés vers les zones de calme ou stationnent les algues et autres détritus. Il passe donc son temps à amener au bord des gros paquets bien lourds.
Le bateau des plongeurs de Brest fait des allers et venues pour déposer sa cargaison en amont, puis rechercher son petit monde en aval.
Un plongeur attendant son taxi me racontait ses sensations fortes, plongée jusqu’au fond à 14 m entraïnés par la force extrème du courant. Il faut faire attention à éviter les cailloux et bien rester dans la veine pour aller le plus loin possible.

Je reste en observation à la limite du courant principal, regrettant de ne pas avoir pris une ligne à dandiner. Les plongeurs ont donné au pécheur de précieuses informations : les bars restent à l’affût dans le contre courant à 6m environ de profondeur.

J’observe les tourbillons extrêmements impressionnants, les plus gros font 4-5 m de diamètre pour 70-80 cm de profondeur au centre.

Je rassemble mon courage, mes souvenirs de rivière, je fais quelques appuis en suspension pour me dérouiller, je prends de l’élan et je me lance au ras de la côte contre ce jus du diable!

Le pécheur m’encourage de la voix en agitant sa casquette et, centimètre par centimètre je gagne contre le courant.
J’oblique pour me rapprocher du bord et me reposer dans le contre. Il était temps! le souffle difficile, les bras coincés je n’aurais pas aimé devoir négocier un demi tour dans ces conditions.

La descente est facile mais j’évite quand même les déferlantes trop formées et les tourbillons sur les côtés. Je continue à descendre avec le courant sans chercher à maintenir ma direction.

Les sensations sont amusantes, je fais des embardées de 90° et l’eau est successivement lourde et légère à la pagaie.
Le courant est à 120° pour le retour ce qui facilite bien les choses !!

Les conditions étaient idéales pour ce type de promenade: pas de vent, pas de houle.
Malgrè ça il y a a eu quelques vagues bizarres assez raides au milieu du goulet.
Le courant est donné à 6 noeuds à mi-descendante de vive eaux, il y avait dimanche sans doutes un peu plus.

Kayak de mer, Mes sorties

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