Choisir un kayak de mer: Vitesse – Maniabilité – Stabilité

mai 13, 2008 7 Commentaires

Comment choisir son kayak

Voilà le cinquième article co-écrit d’une série dans laquelle nous essayons de recenser les différents éléments qui entrent dans le choix d’un kayak de mer.

  1. Le programme
  2. Le prix – Marché de l’occasion
  3. Ponté ou Sit On Top
  4. Simple ou double
  5. Vitesse – Maniabilité – Stabilité
  6. Transport et rangement
  7. Matériaux – Entretien – Réparations

Vitesse – Maniabilité – Stabilité

Vitesse
La plupart des kayaks de mer de randonnée avancent à peu près à la même vitesse, aux alentours de quatre nÅ“uds de moyenne. A moins que votre but soit de faire des performances, la vitesse potentielle n’est pas vraiment un facteur décisif pour le choix d’un kayak.
La vitesse, outre la puissance du pagayeur dépend de plusieurs facteurs :

  • La longueur à la flottaison : Les lois de l’hydrodynamique nous disent que plus un kayak est long, plus sa vitesse critique est importante. Attention la longueur totale n’est pas la longueur à la flottaison. Plus l’étrave et la poupe sont inclinés et plus la différence longueur totale / à la flottaison est importante
  • La largeur : qui intervient sur la surface mouillée, plus elle est importante et plus il y a de frottements, et donc moins il y a de vitesse
  • La forme : Les kayaks formes gironnées (bananées) passent mieux dans la vague et gardent une meilleure vitesse en mer formée
  • Le poids : Un kayak lourd est plus difficile à lancer mais gardera une meilleure vitesse grâce à son inertie en mer formée
  • La rigidité : Un kayak rigide, fabriqué en carbone par exemple transmettra mieux les efforts du pagayeur et ira plus vite
  • La glisse : Les kayaks en polyéthylène on une glisse excellente quand ils sont neufs mais ils ont tendance à se rayer facilement. Un kayak en fibre ou recouvert de fibre gardera une meilleure glisse et donc une plus grande vitesse avec le temps


Maniabilité
Sur la plupart des kayaks, on peut opposer la maniabilité et la stabilité de route.
La maniabilité peut être une qualité quand on veut zigzaguer entre les rochers mais peut devenir un défaut quand il s’agit de faire une route droite sans être dévié par le vent ou par les vagues.
Beaucoup de kayaks permettent de tourner plus facilement quand on se penche un peu (gite). Pour les kayaks larges et plats que l’on a du mal à faire giter ou pour les kayakistes qui trouvent la manÅ“uvre trop risquée on peut installer un gouvernail que l’on actionnera avec les pieds.

En général, les kayaks maniables(peu directeurs) sont gironnés (bananés) et plus courts que les kayaks ayant une bonne stabilité de route (directeurs) avec une forme plus droite.


Stabilité
Si vous n’êtes jamais monté dans un kayak de mer, il y a fort à parier que votre tout premier sentiment sera « Woao, c’est casse-gueule ce truc ! ». Rassurez vous, au bout quelques minutes, voire de quelques heures vous-vous sentirez très à l’aise.
La perception de la stabilité d’un kayak est très personnelle, pour cette raison, il est impératif d’essayer le kayak que vous désirez acheter. En essayer un maximum est le mieux. Les revendeurs et les constructeurs de kayaks organisent régulièrement des journées d’essai gratuites.




la stabilité se décline en 2 parties :

  • la stabilité primaire correspond à la stabilité initiale. Sur mer plate les débutants ou les pêcheurs, chasseurs sous-marins, ornithologues… pourront avoir un bon équilibre à l’arrêt, sans avoir besoin de garder la pagaie en main pour se stabiliser
  • la stabilité secondaire est utile par mer agitée, vagues de travers, pyramidales… Elle sera appréciée lors de sorties dans des conditions engagés, par des personnes plus expérimentées

Une coque large à fond plat aura une très bonne stabilité primaire mais une mauvaise stabilité secondaire. A contrario, une coque ronde aura une bonne stabilité secondaire mais une moins bonne stabilité primaire.
Les coques à bouchain vif (angle visibles sur la coque) permettent d’avoir une meilleure stabilité secondaire tout en étant à l’aise à l’arret.

Merci à Paulo pour son aide dans l’écriture de cet article.

Choisir son kayak
7 Commentaires pour “Choisir un kayak de mer: Vitesse – Maniabilité – Stabilité”
  1. Fernand Lavoie dit :

    Le giron ou ligne de quille:

    Le giron fait référence à la courbe longitudinale de la ligne de quille (figure1, figure5). Plus cette courbe est prononcée, plus les virages seront faciles alors que la partie centrale de la coque plus enfoncée dans l’eau fera office de pivot et les extrémités plus relevées subiront moins la résistance de l’eau. Par contre, avec un giron extrême (plus prompt au démarrage parfois mais plus lent quand il est poussé) et même un giron modéré, le kayak aura tendance à louvoyer à chaque coup de pagaie et gardera difficilement le cap, étant beaucoup plus sensible à l’effet de dérapage provoqué par le vent et les vagues. Ces deux girons surtout l’extrême convient a des mers fortes, voir démonté et, au surf sur vague.
    Un giron faible fait pour affronter les grandes distances, la mer etc.. résulte en une meilleure stabilité directionnelle au dépend d’une manoeuvrabilité moindre pour tourner. Un giron plat est approprié au kayak de course, au kayak récréatif ou pour les plans d’eau moindre ou sans vagues. Moins souhaitable pour la mer qui nécessite un faible giron pour affronter de forte vague. Un manque de control et des virages difficiles dans les vagues est le propre de l’absence complète de giron.
    Sur un giron plat ou, très faible giron, l’inclinaison (gîte) du kayak sur son flanc, lors de virages serrés permet de simuler un giron plus prononcé avec la courbure longitudinale latéral de la coque et d’augmenter l’efficacité des virages avec un kayak ayant un très faible giron avec bouchain adouci, mieux avec bouchain arrondi, comme beaucoup de kayaks de mer.
    Sur un giron faible ou, modéré, l’inclinaison (gîte) du kayak sur son flanc, le bouchains vif donnera de bon résultat, tournera facilement juste en gitan.
    ATT : un bouchain vif a souvent plus de stabilité initial sur un embarcation étroite et un décollage prompt, mais il a une vitesse maximal de coque plus basse qu’un bouchain arrondi, en tenant compte bien sur d’une même largeur et d’une même longueur de coque.

  2. PEZIN Michel dit :

    Merci pour ces renseignements trop rare !
    Je pratique des sorties à la journée en Corse (je suis en retraite) et je recherche des conseils pour l’achat d’un futur kayak plus performant qu’actuel (Dag Miwok et Disco RTM)
    Je nesais pas (encore pas essayé) esquimotter!
    sur le Miwok je remonte avec un Paddle Float et sur le Disco je remonte facilement sans rien.
    Je suis en réflexion,avant d’avoir essayé pour
    Tooka Presto 537 ou
    Point 65N° XP Prolite
    Lettmann Magellan
    Tide race X Plore
    Polyform Artica Ultima XL
    En Corse la mer est tres vite changeante Calme -Clapot-Fort vent-Houle
    Je sort par météo 1 à 3 en acceptant risque à 4 et je rentreMerci encore pour ces précieux renseignements techniques!
    Amicalement
    Michel
    michel.pezin@orange.fr

  3. Oli dit :

    Merci Fernand et Michel pour vos commentaires.
    Michel, tu auras beaucoup de renseignements en allant lire les avis sur ces différents kayaks sur le forum kayakdemer.eu.
    Les kayaks que tu cites n’ont pas tous le même programme, certains axés sortie à la journée et d’autres axés rando.

  4. andy dit :

     » une coque ronde aura une bonne stabilité secondaire mais une moins bonne stabilité primaire. »
    curieux: ronde n’est peut être pas le terme approprié , ils ‘agit probablement d’une coque elliptique car une coque ronde offre une stabilité primaire ET secondaire très faible .. et inversement une coque a fond plat offrira une meilleure stabilité secondaire , les nombreux plans réalisables sur Kayak foundry le montrent aussi … me semble t il

  5. waldo dit :

    super,plein de bonnes choses à lire et à retenir.que pensez vous des kayaks bois toile de m.zimerly? quelq’un les a construi? ou essayes?

  6. baclirt dit :

    Effectivement comme il est ecrit en fin de l’article, j’ai pensé après avoir essayé un disco (Sit on top) : « qu’est ce que c’est casse gueule ce truc là ! » Pour ces raisons je cherche un kayak sot taille XXL (comme moi) et pour ces raisons je suis face a un casse tête : l’homologation 6eme catégorie étant donné que les plus larges dépassent rarement 4m et ne sont donc pas immatriculables en France.

    J’ai bien essayé un Kayak double de 86cm de large (toujours mieux que les 65cm du premier essai qui m’ont valus 1 bain lors de la mise en place et un autre un peu plus au « large ») mais, pour revenir au double, c’est tout de même épuisant surtout que le poids du pagayeur solo n’est pas reparti car il faut alors s’assoir au milieu !

    Y a t il une solution (à part le regime ou partir habiter chez les gros aux states !) pour les gros kayakistes ?

    Merci d’avance

  7. patrick dit :

    Je viens de faire l’acquisition d’un miwok DAG super équipé 5 m x 0,60 m. Dés les 1er coups coups de pagaie
    (cs 2000 carbon) l’engin file comme un avion de chasse (pour qui sait manier sa pagaie son gouvernail et ses muscles) en croisière sans forcer sur le lac sans courant et sans vent le GPS affiche 8 km/h vitesse contrôlée également par relevés topo… Sa stabilité est remarquable et son confort sans pareil. Beaucoup de remarques ont été écrites sur cet engin qui fait beaucoup de councurrence certe, aux Plasmor, Kodiak, Prijon ect… Malgré une structure « Ã©conomique » en polyétilène et un poids augmenté de quelques petits kilos par rapport aux marques déjà citée qui pronent le composite, ses qualités: stabilité, confort, vitesse, nervosité, volume de rangement et conception pour une navigation jusqu’à 6 miles des côtes fait du Miwok un excellent bateau pour celui qui sait l’exploiter.

    le terme de « bateau évolutif » concernant le Miwok ne me plait pas beaucoup car tous les bateaux sont évolutifs, il suffit de les « apprivoiser » c’est tout. Naviguer sur un composite de compétition peut être à la portée de n’importe qui avec un bon porte-monnaie…ou de bons sponsors…ou de bons conseils techniques, Tout s’apprend, tout s’achète et tout se vend.
    C’est un peu comme le vélo ou le triathlon (15 ans de compétition niveau national), quand les ingénieurs inventeront des roues carrées prouvant qu’on peut rouler encore plus vite, il y aura toujours des C… pour les acheter… Voilà amis kayakistes ou futurs acquéreurs de kayak ou canoë, avant d’acheter n’importe quoi il faut se faire un programme d’activités: compétition, rando courtes ou longues durées, mono ou bi-place, rivière, lac ou mer.
    Il faut également évaluer ses possibilités physiques et savoir qu’un coup de pagaie donné dans un
    sit on top ou autres engin de location occasionnera une dépense énergétique accrue par rapport aux bateaux pontés comme le Miwok, le Bélouga ou autres excellents bateaux qui filent sur l’eau telle la feuille poussée par le vent…
    Merci à KWA et à DAG excellent constructeur Français qui savent faire avancer le Kayak.

    Patrick.

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